Faut-il désespérer du monde ou mourir en riant ? est un texte écrit dans le cadre d’une commande d’écriture et de mise en scène du comité des MJC de Lyon, à l’occasion des cinquante ans des MJC de Lyon.

Onze MJC.
Autant de directions.
Onze MJC
autant de conseils d’administration.
Le contact direct avec les « acteurs » d’une éducation populaire perdue entre animation, divertissement et quête de sens.
Cela m’a mis en colère, à l’époque.
Cela ne me met plus en colère aujourd’hui parce que je comprends mieux comment la situation d’alors n’était que le résultat d’un très long pourrissement. D’une dégradation constante des idéaux, des structures, et par là, des pensées.
Alors que l’eau de la casserole avait chauffée tout doucement depuis des dizaines d’années, je plongeais moi directement dans les bouillons de la fin du processus.
La réaction fut douloureuse.
L’écriture de Faut-il désespérer du monde ou mourir en riant ? est une tentative pour remettre du sens dans ce qui n’en avait plus pour moi.
Une tentative pour interroger ce qui ne paraissait alors ininterrogé.

En un long chant, à la croisée des musiques et du théâtre, un chœur interroge notre rapport au monde, nos résignations et nos velléités d’actions.
Peut-on changer le monde ?
Peut-on simplement le comprendre ?
Tout comprendre ?
À quelques distances des frontières d’Utopie, faut-il désespérer du monde ou mourir en riant ?

Acteurs, musiciens, plasticien et chanteuse questionnent les possibilités d’une utopie actuelle.
Tant de progrès, tant de possibles.
Et le réel qui résiste toujours.
C’est une forme frontière pour énoncer les préoccupations et les interrogations contemporaines.
Guetter quelques issues aussi, en sentinelle.
La question des relations entre la scène et le fait politique forme le centre de ce travail.
Comment s’emparer du monde sur un plateau de théâtre ?
Comment faire théâtre du politique, sans changer les armes du théâtre pour celles du militantisme ou du prêt-à-penser ?
Faut-il désespérer du monde ou mourir en riant ? se joue des possibilités d’une utopie contemporaine.


« J’aurais aimé finir par un message d’espoir, je n’en ai pas. Est-ce que deux messages de désespoir vous iraient ? 
Ödön von Horváth