contexte

Au départ de Marcher tout droit est un combat, il y a la volonté de travailler autour de l’engagement, d’interroger l’inscription d’une action individuelle dans le monde. Comment prendre part, prendre sa part, avoir prise.
Au départ de l’écriture aussi, la fratrie – une sœur et un frère – même éducation, enfance similaire. Comment, sur des fondations communes et en bonne intelligence, prendre des chemins différents. S’écarter. Diverger – ou avoir l’impression de.
L’un va se ranger derrière le tout petit, « l’insignifiant » local. Il est naturaliste, œuvrant à protéger les insectes et les fleurs de nos territoires.
L’autre s’envole vers le lointain, les « causes » nobles. Elle est juriste tout juste embauchée par une ONG brésilienne de défense des peuples autochtones.
Leur point de rencontre se fait à l’endroit de la violence exercée contre eux. Violence milicienne ou violence policière. Comment le pouvoir en place s’arque-boute pour défendre coûte que coûte ses intérêts et ses capitaux. Comment, dans cette violence-là, se rejoue la tension entre une histoire individuelle et une volonté collective – un engagement vers.
Au départ de Marcher tout droit est un combat, il y a la ZAD de Sivens d’un côté – avec la mort de Rémi Fraisse – et les indiens Guaranis du Brésil – avec l’assassinat d’un de leur leader, Marcos Veron. Si ces deux événements sont présents dans l’écriture, le texte ne s’inscrit pour autant pas directement dans la veine documentaire. Les faits servent d’appui, de référents communs, mais Marcher tout droit est un combat est une fiction. Un questionnement sur notre manière d’habiter le monde.

Marcher tout droit est un combat est une commande d’écriture de la compagnie Bande d’Art et d’urgence (Corinne Méric).


résumé

Alors qu’elle vient d’atterrir à Porto-Alegre pour commencer une mission humanitaire en forêt amazonienne, Lucia reçoit un appel téléphonique de la gendarmerie de Gaillac, en France, la sommant de rentrer au plus vite afin d’identifier son frère Sami, hospitalisé et inconscient.
Suspendue entre le Brésil et la France, entre les grandes causes et les « petits » combats locaux, Lucia va se découvrir en même temps qu’elle lève petit à petit le voile sur les circonstances de l’accident de son frère.
Marcher tout droit est un combat est construit en une succession de duos, opposant à chaque fois Lucia et un représentant d’un monde qu’elle tente de cerner : officier de gendarmerie, journaliste, député, zadiste, militant d’ONG.
Partant d’une perception floue et parcellaire, Lucia va progressivement faire la lumière sur les événements ayant touché son frère. Ce n’est qu’une fois ce monde recomposé qu’elle pourra repartir suivre son propre chemin.