Note d’intention

Il y a un garçon qui s’appelle Pierre.
Il a huit ans.
C’est un fermier.
Un fils de la ferme.
Il connaît les bestioles par cœur.
Pas seulement les animaux élevés par ses parents.
Des tarines.
Il lit des documentaires sur les animaux, il est capable de donner tous les noms latins des différentes libellules et des araignées et des grenouilles et des vers de terre.

Il y a une fille qui s’appelle Nina.
Elle vient d’arriver chez une vieille dame qu’elle ne connaît pas encore.
Elle vient de la ville.
Elle est un peu électrique.
Elle fait ce qu’elle veut.
Elle aime bien être ici parce qu’ici, elle est libre.
Gadoue. Herbe. Fleurs. Lancers de cailloux dans les arbres.
Ici, c’est pas sérieux. Pas comme l’école.
Elle aime pas trop l’école, d’ailleurs.

Il y a un paysage.
Des buissons.
Des forêts de chênes, de châtaigniers, de sorbiers, de houx cachés dans les sous-bois.
Des souilles de sangliers. Des trous de renards, de blaireaux, de campagnols, etc.
Il y a dans l’encaissement convergent des pentes forestières, un trou d’eau, une mare aux reflets troubles.
Des branches mortes plongent dans les profondeurs.
La mousse y est sombre et se détache en lambeaux des arbres.
Les plages sont de boue et de flaques.
On y trouve des têtards, quelques salamandres, des grenouilles, des crapauds, parfois le corps décomposé d’un petit mammifère, d’un oiseau.
C’est la mare aux sorcières.

Et puis il y a le projet de construction d’un écoquartier qui va s’élever à la place de cette mare.
Il y a le refus des deux enfants.
Et la puissance des sorcières.

novembre 2019