Note d’intention

J’écris Nos Rêvoltes au croisement des mondes imaginaires et de la brutalité du réel.
J’écris pour savoir s’il peut subsister une part de rêve quand la violence du monde s’est abattue sur des enfants.
J’écris pour mettre des mots sur ce qui à trop souvent été tu jusqu’à nos jours – mais les mots les plus importants seront provoqués hors texte, hors scène, convoqués par le théâtre, pour l’après.
J’écris Nos Rêvoltes pour les vingt pour cent d’enfants qui sont suivis par l’aide sociale à l’enfance et qui ne sont jamais présentés comme des héros ou des héroïnes.
J’écris pour les éducateurs et les éducatrices, les assistantes et assistants sociaux, les infirmiers et les infirmières, les psychologues, qui ne sont jamais présentés comme des héros ou des héroïnes non plus.

J’écris pour toutes les défaillances du système, la maltraitance qui vient s’ajouter à la maltraitance.
J’écris pour les humains qui tentent de rester debout au milieu du naufrage.
J’écris pour que reste de l’humain.
Pour considérer l’autre.
Considérer.
J’écris Nos Rêvoltes pour savoir de quoi les nuits bruissent dans les couloirs des foyers collectifs, dans les chambres, sur les toits.
J’écris pour peupler l’imaginaire quand ses figures fondatrices ont fait faux-bond.
J’écris pour que le rêve existe et qu’il emporte ces vies vers l’ailleurs, malgré les failles et les blessures.
J’écris Nos Rêvoltes pour que les enfances se dressent et se rêvoltent.
J’écris pour l’après, pour l’adulte qui se construit en creux au sein de chaque enfant.

mars 2021