De Fil Blanc / Premières lignes

Et c’est reparti pour la prochaine création jeune public de Traversant 3, toujours en compagnie de Clément Arnaud à la mise en scène et de Rodolphe Brun à la création graphique (Ulrich Becouze à la musique et Marion Lechevallier au jeu).

Avec la ferme envie de pousser un peu plus loin les expérimentations du Caillou dans la botte ; de voir un peu ce que la machinerie de ce théâtre « rétro-projeté » a sous le capot ; et puis aussi de jouer avec cette histoire qui se passera à la fois sur le plateau et sur un écran de projection, qui s’incarnera et qui s’illustrera à la fois, qui s’animera…

Après quelques allers-retours bureau/plateau (dont certains furent légèrement fumants…), voici les premières pistes qui se dessinent.
Cela pourrait commencer comme une histoire pour enfants…
Cela pourrait commencer comme cela…

 

Celle qui raconte : L’histoire que vous allez entendre se passe dans un vieux pays appelé Terre de flamme. Dans ce très vieux pays, on n’apercevait partout que maisons anciennes de pierres et de fer, vergers aux arbres majestueux. De toutes parts, résonnaient les rires et les chants et les collines, les nuages et les toitures scintillaient des mille éclats joyeux qui donnèrent autrefois son nom à cette Terre de flamme.
Il faut vous dire que dans ce vieux pays, vivaient un Géant et sa Géante – ou une Géante et son Géant, comme on voudra. Et ces deux-là s’aimaient comme jamais les histoires ne nous disent que deux Géants peuvent s’aimer. Et leur amour était si fort qu’il faisait surgir de partout sur leur terre des feux de joie, des feux follets, feux de Bengale et d’artifice. Et c’est sûrement pour cette raison aussi qu’on avait nommé leur terre : Terre de flamme.
Car tout alors, autour d’eux, palpitait, frémissait, explosait de joie, contaminé par la puissance de leur amour. Et les foyers au cœur des maisons rayonnaient et les fruits regorgeaient de sucre et de chaleur et les yeux de tous ceux qui habitaient ce pays s’enflammaient simplement à l’idée du bonheur qu’il y avait à vivre. Jusqu’au ventre de la Géante qui avait une nuit gonflé de leur amour, puis soudain pétillé et vibré, vacillé, pour enfin tressaillir et donner naissance à deux jumeaux magnifiques.