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Terres closes

Fragments d’errance à travers les frontières mondiales contemporaines.
De murs en murs. Ceux que l’on casse, ceux que l’on reconstruit.
Comment circule le monde ?
Qu’en est-il de l’étranger aujourd’hui ?
Des migrations et de ses clandestinités ?

Le périple entrepris par le voyageur commence le long du mur le plus important jamais érigé sur Terre : celui qui ceigne la frontière entre le Mexique et les États-Unis.
Il continue en Afrique, dans le Sahara, le long des frontières de Ceuta et Melilla puis en Méditerranée.
Le voyage s’achève sous le mur le plus infranchissable qui soit : le rempart d’un système administratif toujours plus complexe.


Terres closes est finaliste de l’Inédit Théâtre (2012).
La pièce a été sélectionnée par le comité de lecture de l’association Postures et par le label Jeunes textes en liberté.
Elle est publiée en extraits dans la revue Le Bruit du Monde.
Elle a été sélectionnée par le Legal Aliens Theatre, la New Tides Plateform et le Migrant Dramaturgies Network, traduite et lue à Londres et à Canterbury (2019).

Terres closes a été crée en France par la compagnie Les Petites Gens, mise en scène de Muriel Sapinho (2017).
Closed Land a été créé à Londres par le Legal ALiens Theatre, mise en scène de Becka McFadden (2020).

Sur la pièce

Franchir une frontière est une guerre. Être migrant, c’est être l’ennemi. Rappelons-nous que « l’origine du mot frontière vient de front, un terme militaire, qui désigne la zone de contact avec une armée ennemie. » Les migrants des pays du Sud à l’assaut des forteresses du Nord, le conflit sans pitié qui s’engage, vécu du côté des migrants, voici l’angle d’attaque choisi par Simon Grangeat dans Terres Closes.
L’auteur nous offre sept chants dans lesquels il s’adresse directement aux candidats à l’émigration. Sept chants d’une guerre qui ne dit pas son nom pour mettre en lumière l’hypocrisie de nos sociétés occidentales, qui prônent les droits de l’homme et les bafouent extra-muros. Une écriture qui interroge les mécanismes de défense des frontières et ce qu’ils impliquent en termes de gâchis humain. Entre force brute et moyens plus pernicieux (citons par exemple les campagnes de propagande dissuasives suivies d’arrestations arbitraires, sur simple soupçon d’envie d’émigrer – cela ne vous rappelle rien ?), les États du Nord font la guerre aux migrants avec tout le zèle que leur confèrent leurs moyens et l’alibi de la sacro-sainte intégrité territoriale.
Le style est direct, percussif, cru, à la limite de la froideur, une froideur pédagogique ; il s’agit d’être sûr que chaque candidat appréhende comme il se doit l’ampleur de la tâche, qu’il s’arme, qu’il se blinde, car la lutte sera féroce.
La désescalade est loin d’être amorcée. La défense des frontières se fait chaque jour de manière de plus en plus paranoïaque, les dépenses au nom de la « sécurité » sont incessantes, les projets de construction d’enceintes de confinement se multiplient. On ne combat pas le feu par le feu. Terres Closes nous l’assène : « le nombre de morts / en mer / s’élève toujours. Les candidats au départ / sont toujours aussi / nombreux. » À quand une politique globale responsable qui agisse sur les causes de l’émigration, au lieu de combattre aveuglément les symptômes ?

Loïc Yavorsky
Revue Le Bruit du Monde # 2

Entretien sur la pièce

la genèse de l’écriture et ses enjeux

Lire le début de la pièce

Premier chant
Murs

En 1989,
j’ai onze ans.
En novembre 1989,
j’ai onze ans et je me souviens.

Des scènes de liesse.
De victoires.
La foule innombrable,
fraternelle,
exubérante,
la foule, en flot compact,
joyeux, sous la lumière des
lampadaires et des puissantes lampes de chantier,
dans la nuit de Berlin.
Haleines en buée, bonnets de laine
et manteaux épais aux couleurs criardes.

J’ai onze ans et je me souviens
de ces petites victoires, pierres arrachées une à une,
coups de masse donnés sur le rempart,
lui, debout, fier, dressé droit sur le mur, poing levé,
et les orchestres et les danses et le
flot continu franchissant la frontière.
Les embrassades.

En 1989, j’ai onze ans et je me souviens.
On a dit une victoire.
On a dit la fin de la honte.
On a dit le monde libre.
Et les rages joyeuses ont mis à terre le mur.
On a dit un symbole.


Pour découvrir le texte intégral, vous pouvez en faire la demande ici.

Images de la création


photographies de répétitions, compagnie Les Petites Gens.
mise en scène : Muriel Sapinho
avec : Jean-Baptiste Epiard, Samuel Martin, Claire Olivier, Claire Schumm / Muriel Sapinho
création lumière et régie technique : Mathieu Dartus
création sonore : Michaël Filler

Autour de la pièce

Closed Lands

En 2019, suite à un appel à textes lancé par le Legal Aliens Theatre, la New Tides Plateform et le …
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