Histoires vraies des Collonges / Le père

Mon papa, il travaille comme il est petit. Il travaille bien à l’usine, tu vois, avec la famille, avec les enfants et tout. Il travaille bien. Après, quand moi je – ma sœur, elle est grande, elle est mariée, il regarde pas. Quand moi, je suis mariée, moi je pars. En France. Après, il est resté à côté de la porte, il pleure. Il dit : « Ma fille tu pars pas, parce que je reste seul. » Moi, je pars, je dis : « c’est bon, je suis mariée, je vais partir. »
Après, il travaille un an, c’est ça. Après, il a arrêté l’usine. Après, il pleure pour elle part, l’usine. Je dis : « Pourquoi il est comme ça et tout ? » Après, il est malade. Toujours il a mal à la tête, mais il dit pas… Il a mal au ventre, mais il dit pas… Et après, il est tombé malade pour… Trop dur. Après, toujours, il pleure, il pleure. Il dit : « Le travail, il part, ma fille, partie… » Après, il est tombé malade plus fort, gravement.
Après, comme il est malade, il a mal, beaucoup mal, beaucoup. Après, tout le monde le regarde. « Ce monsieur, il a mal… » Et la famille, tout le monde, il vient. Après, il dit : « Non, moi je veux pas, je veux pas la famille… Moi, je veux ma fille. » Après, il vient le docteur, il dit : « Non, ce monsieur, il veut encore, il veut vivre. » Tu comprends ? « Il veut vivre. Il veut attendre et la fille, elle veut descendre. »
Et moi j’habite là, en France.
Moi, je veux pas descendre. Parce que moi, j’ai accouché / accouchement avec ma fille. Après, comme accouchement avec ma fille, après seulement, je descends.
Quand j’ai eu ma fille. Après, comme je descends, je regarde. Deux jours, ou quatre jours et après, il est mort.
Après c’est trop / C’est trop mal, là.
C’est ça, je veux dire.