Le Cabaret des humiliés – 2006

Le TexteEn imagesLire le début du texteIls ont dit

Farces sociales. Jeu de massacre, chamboule-tout moderne.
Les figures de l’humiliation passées au crible de courtes scènes.
Vengeance et exorcisme.
Remède joyeux à la défaite partout régnant.
Comment vraiment dire le monde actuel.
Comment vraiment en rire aussi.
Prenons deux ou trois nuisibles : actionnaires, banquiers, soi-disant experts ou parasites mondains.
Sur notre scène, ce sont tous de vrais clowns.
Vous font-ils autant rire dans la vie quotidienne ?

En résumé…

Le Cabaret des humiliés est une réaction artistique aux nombreuses  » réformes  » sociales et politiques que nous vivons / subissons depuis de trop nombreuses années.
Une tentative pour reprendre la parole – avec nos moyens que sont les mots, la scène, le son.
Parce qu’à force de ne pas avoir « lu les textes », de ne pas avoir « compris les propositions », de ne pas avoir « intégré l’ampleur de la situation » ou d’avoir « manqué de pédagogie », j’ai eu envie de me réapproprier le discours, de m’emparer de nouveau de ces sujets.
Les personnages singent les puissants, jouent des folles théories qui dirigent nos pays, au tape-gendarme aussi.
Le rire au moins permet de se sentir debout, dressé face au monde.

mise en scène de Simon Grangeat – compagnie Traversant 3
avec Clément Arnaud, Richard Brun et Yonnel Perrier (jeu), Léo Dumont et Xavier Saïki / Damien Cluzel (musique), Géraldine Bonneton (masques), Ariane Cayla (costumes), Stéphane Cavallini (scénographie), Clément Kaminsky (lumières)

Prologue

Le chœur des comédiens : Bienvenue cher public ! Voyez donc notre scène :
Matériau de fortune, bric-à-brac d’un euro,
Tout cela assemblé pour la très belle cause :
Vous offrir ce soir quelques farces sociales.
Parce qu’une petite troupe, misérable fourmi
Bousier, crevure, rien, à peine subventionnée,
S’est lancée le défi, ô combien difficile,
De faire rire, où d’ordinaire on pleure !
Attention cependant : ne cherchez pas chez nous
D’éclatantes mises à nues, sublimes révélations
Nous sommes des bouffons et non des enquêteurs.
Nous n’avons pas non plus parmi notre attirail
De lendemains qui chantent, de solutions finales.
Nous sommes des bouffons, pas des prédicateurs.
Quant à ceux qui aimeraient trouver en ce repaire
Des leçons de mieux vivre, une morale pour dehors :
Nous sommes des bouffons, pas des éducateurs.
Mais nous pouvons par contre assurer le spectacle !
Nous avons pour cela certaines bêtes immondes.
Dehors, vous les craignez – bien normal, ils sont forts –
Et s’ils n’ont pas raison, la loi vous donne tort !
Vous les connaissez tous, j’en commence la liste :
Vous aurez sous les yeux des gens de la police ;
Inspecteur, simple flic ou bien BAC, terrible !
Leurs histoires sont vraies, ce soir, vous les aimerez.
Il y aura aussi nos vedettes adorées
Adeptes des plateaux, favoris des micros
« Moi, monsieur, je ne fais pas du bruit qu’avec ma bouche ! »
Ce soir, sans fard et sans mensonges : les politiques.
Et puis pour aller vite, vous aurez pêle-mêle
Journalistes, critiques, banquiers, vieillards,
Entrepreneurs, mendiants, boursicoteurs, arabes,
Hommes ordinaires accompagnés de leurs épouses
Des musiciens aussi, regardez : ils sont laids !
Enfin, clou du spectacle, nous avons convoqué
Un véritable grand, une étoile, une star
Qui dénouera pour vous les mystères du monde.
Il commence ce soir, à lui d’ouvrir le bal –
Mesdames et messieurs : le professeur d’économie.

Première leçon d’économie – Lever de drapeau

Le Professeur d’économie
Musiciens de batterie-fanfare
Trois Responsables

Le Professeur d’économie : Première leçon d’économie : comment la mondialisation permet de lutter efficacement contre le repli nationaliste et la petitesse chauvine ou : hissons bien haut les nouvelles couleurs de nos nations unies. Démonstration : trois responsables, un hymne. Musique !
Les musiciens s’approchent à l’avant-scène, postures guindées du musicien de batterie-fanfare municipale. Sur un hymne pompeux, trois Responsables procèdent au lever d’un drapeau. Une fois déplié, on s’aperçoit que c’est un immense billet de banque qui flotte au dessus du plateau. Il restera en place tout au long de la représentation.

Une revue mêlant courtes scènes et chansons.
La pièce revendique sa légèreté et le caractère partial (et même partisan) de son propos.
C’est une mise en accusation acerbe et caricaturale dont la vocation est de faire sourire des différents protagonistes qui font la (vraie) farce sociale de notre société.
Police, juges, économistes, politiques… tous y passent.
C’est plaisant, efficace comme un jeu de Chamboul’tout.
Comité de lecture du Panta Théâtre