A bout de bras – 2014

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Texte écrit le 17 mars 2014 à l’occasion d’Un jour, une pièce #1, jeu d’écriture international lancé en 2014 par l’ASSITEJ France.

Il s’agissait d’écrire, en 24 heures, un texte court (entre 70 et 700 mots) à contraintes, sur le thème du « jour où je suis allé au théâtre »…
Contraintes tirées au dé : Une fille se rend à un spectacle de marionnettes en compagnie d’une adulte. Le spectacle raconte une histoire incroyable. Pendant la représentation, un événement surnaturel se produit, qui aura des incidences sur la vie de l’héroïne pendant dix ans. En bonus, l’accompagnatrice est amoureuse…

Les autres textes écrits à cette occasion sont lisibles ici.

1.

Blanche Tu verras, Barholomé est extraordinaire.
Aliya Pourquoi tu t’acharnes à me faire subir ça ?
Blanche On est presque arrivées.
Aliya Vivement qu’on soit presque parties.
Blanche Aliya, tu m’agaces.
Aliya T’avais qu’à me laisser tranquille.
Blanche Pour que tu restes toute la journée enfermée ?
Aliya T’es pas ma mère.
Blanche Comme ça je peux me reposer de temps en temps.
Aliya Si tu me ramènes chez moi, je me mets dans ma chambre et tu pourras te reposer autant que tu voudras. Tu fais ce que tu veux, je ne dirais rien – muette comme une carpe. Tu vas dans le salon, dans le bureau de mon père, tu mets les pieds sur le canapé, tu vides le frigo, la cave, même si tu veux, tu t’installes dans sa chambre…
Blanche Ton père me paye pour que je m’occupe de toi.
Aliya Pourquoi tu me fais toujours subir des trucs horribles ? J’ai jamais le droit de vivre tranquillement.
Blanche Tu as treize ans.
Aliya J’aime pas le théâtre.
Blanche Je sais.
Aliya J’aime pas les marionnettes non plus.
Blanche Je sais.
Aliya Et j’aime pas être ici alors que je pourrais être ailleurs.
Blanche Si tu continues, ça va mal se finir. Tu verras, cet homme est extraordinaire.
Aliya Qui ?
Blanche Bartholomé.
Aliya Quoi ?
Blanche Le spectacle.

2.

Blanche et Aliya, assises sur un banc. Le rideau du castelet s’ouvre. Bartholomé-marionnette apparaît.

Bartholomé-marionnette Mesdames, messieurs ! Mademoiselle, je ne le dis plus, c’est prohibé. Passons. Je me ferais taper dessus. J’ai horreur de me faire taper dessus, ça me rappelle ma carrière chez guignol. Passons.
Mesdames, messieurs !

Bruits en coulisses, de plus en plus forts.

Vous les voyez en meute dans la rue et vous changez de trottoir… Dans le bus, ils parlent fort et salissent tout… Vous les craignez, vous les fuyez, ils vous empêchent de vieillir sereinement ! Couché !

Silence en coulisses.

Ici, vous les verrez plus parfaitement domptés qu’un caniche nain de chez Bouglione, plus sages qu’un premier de la classe suédois, plus polis qu’une petite fille des quartiers chics de Londres !
Mesdames et messieurs, laissez-moi vous présenter…
Mes jeunes !

Un jeune-marionnette apparaît.

Désespéré, son père me l’a confié à l’âge de quatorze ans. Beau ! À force de travail, je vous prouve que l’on peut transformer un cas sans espoir en modèle pour la société. Observez !

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