Les Petites Histoires d’Hommes nature – 2003

Le TexteEn imagesLire le début du texteÉcouter une des petites histoire

Dispositif mêlant musique, théâtre et marionnettes, le tout dissimulé dans l’espace public.
Enfants et parents se promènent en campagne ou en ville et découvrent – peut-être par hasard – deux Hommes-Nature.
Commence alors un nouveau parcours, d’un conte à l’autre, à la découverte des histoires secrètes d’un arbre, d’une fleur ou encore d’un caillou.
De petits récits pour découvrir simplement ce qui nous entoure.

En résumé…

Si vous avez l’habitude des chemins de campagne, des bords de mer venteux et salés ou encore des sommets enneigés des hautes montagnes, alors vous avez sûrement déjà croisé quelques représentants des Hommes-Nature… Non ?
Il faut vous dire que les Hommes-Nature demeurent d’ordinaire invisibles aux regards des enfants.
Pourtant, certains jours, ils se laissent apercevoir afin de raconter quelques histoires de cailloux, d’arbres et d’oiseaux, parmi toutes celles qu’ils ont appris depuis les premiers temps qu’ils sont sur Terre.
Et s’ils se sont montrés à vous une première fois, ouvrez-bien les yeux, car ils se laisseront dorénavant sûrement apercevoir sur les trottoirs de vos rues, entre les buissons de vos chemins ou sur le quai des rivières serpentant vos villes.

mise en scène de Simon Grangeat – compagnie Traversant 3
avec Richard Brun, Yonnel Perrier (jeu), Léo Dumont (musique), Céline Dodelin (plasticienne)

Installations plastiques réalisées par Céline Dodelin

Roméus et Julietta

Cette histoire étrange commence un beau jour de printemps, quand les oiseaux se poursuivent dans le ciel, quand les cœurs tombent amoureux les uns des autres, quand…
Quand il fait chaud,
J’me sens tout beau,
J’me sens tout bien,
J’rigole pour rien.
Un oiseau passe,
Je le regarde,
Je suis sa trace
Dans les nuages
Romeus voguait au fil de l’eau, heureux, les yeux grands ouverts. Tout à coup, voilà Romeus qui retient son souffle. Il sent son cœur battre à toute vitesse, sa sève ne fait qu’un tour, vite, il s’arrête. Au dessus de lui, juste à la surface de l’eau, brillant dans l’éclat des rayons du soleil, bleuté, reflets d’argent, tendres recoins… Et puis plus rien.
« Mais ? Il y avait quelque chose, là-haut ! Je n’ai pas rêvé ! Il y avait quelque chose ou plutôt quelqu’un ! Quelqu’un qui… »
Longtemps encore, Romeus regarde en direction de la surface du fleuve, reste là à attendre que sa vision, sa tendre vision, réapparaisse au fil de l’eau. Lorsque la nuit tombe sur la rivière, rien ni personne n’est encore réapparu. Romeus s’endort et se laisse aller au gré du courant.
Le lendemain matin, il s’éveille la tête encore toute emplie des éclats de beauté aperçus la veille. Romeus passe sa journée le regard tourné vers la surface de l’eau. Tout à coup, il sent son cœur battre à toute vitesse, sa sève ne fait qu’un tour, vite il s’arrête. Au dessus de lui, juste à la surface de l’eau, brillant dans l’éclat des rayons du soleil, bleuté, reflets d’argent, tendres recoins… Et puis plus rien.
« Cette fois-ci j’en suis sûr, il y avait bien quelqu’un. Il y a bien une fleur qui est passée là-haut à toute vitesse. À n’en pas douter. Et une fleur, une fleur comme je n’en avais jamais vue. »

Léon le Bêton – réalisation sonore Romain Cayla, avec Yonnel Perrier – 2007