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Tous les possibles


Un groupe de jeunes gens s’est « arrêté ». Une fin d’après-midi, alors qu’elles et ils participaient à une visite du théâtre, ils ne sont pas sortis et se sont transformés en « occupants », marquant par là leur impossibilité à faire comme si de rien n’était. À faire comme si le monde n’avait pas été renversé, laissant leurs enfances inabouties, non-vécues. À présent, ils se tiennent en face de nous. Ils tentent de dresser le constat de ce qui a pu les pousser à passer à l’action. Ils tentent aussi de comprendre ce qui pourrait être modifié. Ce qui pourrait se jouer différemment, à l’avenir…

création sous le titre
Colèriennes, Colèriens !mise en scène Benoit Lambert & Pauline Laidet (c) Charlyne Azzalin
création sous le titre
Colèriennes, Colèriens !mise en scène Benoit Lambert & Pauline Laidet (c) Charlyne Azzalin
création sous le titre
Colèriennes, Colèriens !mise en scène Benoit Lambert & Pauline Laidet (c) Charlyne Azzalin

extrait

– Est-ce qu’on a un projet politique ?
– Mais non !
– Bien sûr que non ! On est complètement immatures, encore.
– Parle pour toi.
– Je suis sûr que personne, ici, ne sait vraiment reconnaître la droite et la gauche.
– Parle pour toi !
– Tu sais faire la différence ?
– Qu’est-ce que tu crois !
– Vas-y, je t’écoute !
– On t’écoute, oui.
– Je sais très bien faire la différence entre les fachos et les autres.
– Ça recommence…
– C’est pas la question.
– Bien sûr que si.C’est peut-être un début, déjà.
– OK. Alors quand ils vont nous demander ce qu’on veut, les zombies, dehors, on leur dira : « On a un projet politique ! Et arrêtez de nous la faire à l’envers, on sait très bien reconnaître les fachos et les autres ! »
– Trop bien !
– Vous êtes cons, c’est pas possible !
– C’est déjà un début, non ?

l’écriture

Colèriennes, colèriens ! est une commande de Benoît Lambert, inspirée de Comme si nous… et de sa volonté de faire entendre la parole des jeunes gens. Pendant un an, j’ai mené des rencontres et des ateliers d’écriture avec les seize élèves de l’option théâtre du collège Gambetta, à Saint-Étienne. Colin Rey et Pauline Laidet prenaient parfois le relais pour commencer à aborder le plateau avec eux.
Si l’idée de départ était de travailler à un « parlement des enfants », sorte d’assemblée éphémère que nous voulions très revendicative, nous avons été contraints de constater que le groupe auquel nous avions affaire n’était pas constitué de révolutionnaires en herbe. Le Covid étant sûrement passé par là, beaucoup des revendications exprimées par les jeunes gens concernaient une sorte de bien-être individuel, un appel au confort quotidien et familial.
Nous aurions pu faire fi de ce constat et les embarquer dans une aventure que nous aurions tenue conforme à nos fantasmes… Nous avons préféré nous adapter et imaginer, pour eux, ce que serait la découverte d’un collectif et d’une utopie commune.

Cette aventure n’aurait pas pu se tenir sans le soutien sans faille de Béatrice Sotton, enseignante de l’option théâtre, et de Thomas Romanello, de l’Espace Boris Vian.

Dans la presse

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